En principe, les banques recourent aux produits dérivés* afin de se prémunir contre certains risques (tels que des variations inattendues de taux d’intérêt, de taux de change, de cours d’une action, du prix des matières premières, ou encore du risque de défaut de paiement d’un crédit). Néanmoins, la crise financière de 2008 a démontré combien ces instruments financiers peuvent aussi être utilisés à des fins purement spéculatives, pour parier sur les variations futures des taux d’intérêt et de changes, du cours des actions, des matières premières, etc.

Les marchés de dérivés sont des marchés relativement concentrés, dominés par un nombre relativement restreint de banques.
Le graphique 5 montre d’ailleurs que les plus grandes banques incluses dans l’échantillon sont aussi celles qui sont le plus largement exposées aux produits dérivés. Plus précisément, la taille des banques explique plus de la moitié de la variation dans le total des actifs dérivés en proportion du total de l’actif. Toutes les banques dont le total de l’actif est supérieur à 500 milliards d’euros détiennent des actifs dérivés représentant plus de 10% de leur bilan (à l’exception du Crédit Mutuel).
Notons que les données relatives aux produits dérivés ne sont pas disponibles pour la plupart des banques de petite taille, ce qui signifie que leur exposition à ce type de produits financiers est proche de, ou égale à zéro.

Graphique 5. Dérivés en proportion du total de l’actif (Décembre 2016)

Note : Lorsqu’aucun pourcentage n’est précisé au-dessus du nom de la banque, cela signifie que l’information requise pour calculer le ratio n’apparaît pas dans le rapport annuel ou financier.

* Concrètement, acheter un produit dérivé donne le droit (avec les options) ou l’obligation (avec les futures) d’acheter ou de vendre un actif dit sous-jacent (action, devise, pétrole etc.) à une date ultérieure, mais à un prix fixé aujourd’hui.