Le ratio de levier* constitue un excellent indicateur pour évaluer la solidité financière d’une banque. Dans les prochaines années, celui-ci devrait devenir légalement contraignant : les banques seront tenues en effet de détenir au minimum 3% de fonds propres de catégorie 1 du total de leurs expositions non pondérées par le risque (ou, pour le dire autrement, de détenir une unité de fonds propres de catégorie 1 par 33 unités d’exposition). Dans certains pays, notamment les Pays-Bas et le Royaume-Uni, les décideurs politiques ont néanmoins décidé d’appliquer un ratio de levier plus élevé.

Le graphique 3 montre que, à l’exception de la Deutsche Bank**, toutes les autres banques évaluées ont un ratio de levier largement supérieur à ce qui devrait devenir le minimum légal (3%). Leur ratio de levier varie en effet entre 3,9% et 6,6%, ce qui est néanmoins encore bien en dessous du niveau de 10%, que de nombreux académiques considèrent comme le niveau le plus adéquat. Seulement Triodos présente un ratio de levier se rapprochant de ce niveau (9,3%)

De plus, Triodos est la seule banque de taille moins significative dont le ratio de levier a pu être calculé. En effet, les informations requises concernant les fonds propres de catégorie 1 ne sont actuellement pas disponibles pour les cinq autres banques de taille moins significative intégrées dans notre échantillon. Une estimation de leur ratio de levier a néanmoins été effectuée en substituant les fonds propres de catégorie 1 par les fonds propres tangibles. Le graphique 4 montre que, pour la plupart de ces banques de taille moins significative, leur ratio de levier est légèrement plus élevé que pour les banques de taille significative.

Le ratio de levier est un instrument de régulation censé être plus frustre et moins manipulable que le ratio de fonds propres. En le fixant à un niveau adéquat, il permet de limiter la part des actifs de la banque qui est financée par de la dette. Plus précisément, plus le « ratio de levier » est élevé, moins la part de dette dans le financement des actifs (prêts, actions, obligations, instruments dérivés, etc.) de la banque est importante. À l’inverse, plus il est bas, moins la part de fonds propres dans le financement des actifs de la banque est élevée.
Deutsche Bank ne devrait néanmoins pas avoir de difficultés à respecter le minimum légal de fonds propres (3%) dans la mesure où la banque allemande présente des expositions relativement plus basses que d’autres banques. En effet, bien que Deutsche Bank ait des expositions sur dérivés très importantes, celles-ci peuvent être comptabilisées sur une base nette (i.e. compensées avec des positions de signe opposé).

Graphique 3. Ratio de levier réglementaire (Décembre 2016)

* Le ratio de levier est un instrument de régulation censé être plus frustre et moins manipulable que le ratio de fonds propres. En le fixant à un niveau adéquat, il permet de limiter la part des actifs de la banque qui est financée par de la dette. Plus précisément, plus le « ratio de levier » est élevé, moins la part de dette dans le financement des actifs (prêts, actions, obligations, instruments dérivés, etc.) de la banque est importante. À l’inverse, plus il est bas, moins la part de fonds propres dans le financement des actifs de la banque est élevée.
** Deutsche Bank ne devrait néanmoins pas avoir de difficultés à respecter le minimum légal de fonds propres (3%) dans la mesure où la banque allemande présente des expositions relativement plus basses que d’autres banques. En effet, bien que Deutsche Bank ait des expositions sur dérivés très importantes, celles-ci peuvent être comptabilisées sur une base nette (i.e. compensées avec des positions de signe opposé).

Graphique 4. Ratio de levier – Estimation (Décembre 2016)

Note : Le ratio de levier est calculé de la manière suivante : total des fonds propres (dont sont déduis les actifs immatériels) divisé par le total de l’actif (dont sont déduits les actifs immatériels).