La crise dite des subprimes de 2007-09 ainsi que la crise de la dette de la zone euro de 2010-2012 ont démontré combien le secteur bancaire peut constituer un important fardeau pour les économies nationales et les États en période de turbulence financière. En général, plus la taille d’une banque – comparé à la taille de l’économie d’un pays (PIB) – est grande, plus celle-ci constitue une menace potentielle pour la stabilité financière en cas de faillite.

Le graphique 1 ci-dessous compare la taille des banques à la taille de l’économie de leur pays d’origine, de la Belgique et de la zone euro.
La zone économique pertinente à prendre en compte pour comparer la taille d’une banque a en effet changé ces dernières années, suite à la mise en place d’un mécanisme de supervision unique (MSU) et de résolution unique (MRU) au niveau de la zone euro pour les banques transfrontalières jugées significatives. En théorie, la mise en œuvre de ces deux premiers piliers de l’Union bancaire est censée réduire le risque de contagion de crise bancaire entre États membres. Il reste cependant à voir si ce sera réellement le cas dans la pratique. La gestion des premières faillites bancaires dans le cadre du MSU et du MRU a conduit à des résultats assez mitigés. Les trois cas récents en Italie – où Montei Dei Paschi Di Siena (MPS) a bénéficié d’une recapitalisation « préventive » et où Banca popolare di Vicenza et Veneto Banca ont fait l’objet d’un plan de liquidation sur fonds publics – démontrent notamment que les gouvernements sont toujours en mesure d’intervenir dans le cadre de plans de sauvetage bancaires. De même, il faut rappeler qu’il n’existe toujours pas de garantie européenne des dépôts bancaires (troisième et dernier étage du processus d’Union bancaire) et que les fonds disponibles au niveau européen pour faire face à une crise bancaire sont limités en l’absence d’un dispositif de soutien commun illimité.

L’analyse du graphique ci-dessous met en lumière le fait que certaines banques sont encore très grandes par rapport au PIB de la Belgique et de celui de leur pays d’origine. Par exemple, BNP Paribas, ING Groep et Rabobank ont une taille égale ou supérieure au PIB de leur pays d’origine. Les deux grands groupes bancaires belges – i.e. KBC group et Belfius – sont comparativement plus petits que les trois banques précitées, mais pèsent néanmoins fortement sur l’économie belge : ceux-ci ont des actifs représentant respectivement 65% et 42% du PIB de la Belgique. Si ces deux banques devaient dans le futur faire l’objet d’une procédure de redressement ou de résolution, celle-ci serait néanmoins plus que probablement gérée au niveau européen.

Dans l’échantillon de banques figurant dans les graphiques 1 et 2, onze d’entre elles sont directement supervisées par la Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre du mécanisme de supervision unique. En supposant que la zone euro constitue la zone de référence pour les banques significatives directement supervisées par la Banque Centrale Européenne (BCE), BNP Paribas et Deutsche Bank constituent les plus grandes banques, avec des actifs équivalant à respectivement 19% et 15% du PIB de la zone euro.

Graphique 1. Actifs totaux exprimés en proportion du PIB du pays d’origine, de la Belgique et de la zone euro (Décembre 2016)

Graphique 2. Actifs totaux exprimés en proportion du PIB du superviseur consolidé (Décembre 2016)

Note : Le « superviseur consolidé » désigné varie en fonction de la nature de la banque. Dans le cas des 11 banques significatives incluses dans l’échantillon, il s’agit de la BCE, qui constitue leur superviseur direct. Ce qui explique pourquoi c’est le PIB de la zone euro qui a été pris en compte pour le calcul du ratio.
Concernant les banques de taille moins significative, le superviseur consolidé est soit la Belgique (Bank J. Van Breda, Banque CPH, Banque Nagelmackers, Groep Crelan et VDK Spaarbank) soit les Pays-Bas (Triodos Bank).
Les informations relatives au produit intérieur brut (PIB) ont été obtenues via la base de données AMECO de la Commission.