Les 7 péchés capitaux des banques

Interdire les produits spéculatifs

Plusieurs mesures sont envisageables pour limiter fortement la capacité des banques à créer ou acheter des produits financiers toxiques:

Soumettre les produits financiers à une « autorisation de mise sur le marché »

Pour les Verts européens, le régulateur devrait être en mesure de pouvoir expertiser les nouveaux produits financiers avant leur mise sur le marché (comme nous le faisons pour les médicaments, par exemple), en les interdisant si leur lancement présente des risques trop importants. Une telle mesure n'est certainement pas irréalise, puisque l'Union européenne a décidé récemment d'interdire les « CDS à nu »CDS (Credit Default Swaps)
Contrats d'assurance qui permettent de se couvrir contre le non remboursement de la dette émise par des pays (obligations souveraines) ou des entreprises. Certains acteurs du marché (en particulier les fonds spéculatifs) en achètent néanmoins "à nu" – c'est-à-dire, sans détenir au préalable les obligations d'Etat sur lesquelles porte l'assurance contre le défaut– et les utilisent pour parier contre les Etats de l'UE.

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Réguler les marchés de produits dérivés

Dans la mesure où les produits dérivésProduit dérivé
Instrument financier utilisé à l'origine pour protéger les investisseurs contre des variations inattendues de taux d'intérêt, de taux de change, de cours d'une action, du prix des matières premières, ou encore du risque de défaut de paiement d'un crédit. Concrètement, acheter un produit dérivé donne le droit (avec les options) ou l'obligation (avec les futures) d'acheter ou de vendre un actif dit sous-jacent (action, devise, pétrole etc.) à une date ultérieure, mais à un prix fixé aujourd'hui.

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sont de plus en plus utilisés à des fins spéculatives, il est indispensable de réguler strictement les marchés sur lesquels ils sont échangés. Cela implique en particulier de faire migrer les transactions dites « de gré à gré »Marchés « de gré à gré »
Marchés financiers non organisés (principalement de produits dérivés) dans lesquels il n'existe ni chambre de compensation ni règles contraignantes pour encadrer les échanges. Autrement dit, les conditions sont laissées à la libre négociation des investisseurs entre eux.
  - où les dérivésProduit dérivé
Instrument financier utilisé à l'origine pour protéger les investisseurs contre des variations inattendues de taux d'intérêt, de taux de change, de cours d'une action, du prix des matières premières, ou encore du risque de défaut de paiement d'un crédit. Concrètement, acheter un produit dérivé donne le droit (avec les options) ou l'obligation (avec les futures) d'acheter ou de vendre un actif dit sous-jacent (action, devise, pétrole etc.) à une date ultérieure, mais à un prix fixé aujourd'hui.

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s'échangent majoritairement sous forme bilatérale entre une banque et son client – vers les marchés dits « organisés ». Ces derniers disposent en effet de chambres de compensationChambre de compensation
Organisme financier ayant pour but d'éliminer les risques de contrepartie sur les marchés dérivés. Il assure la surveillance des positions en étant la contrepartie unique de tous les opérateurs et en exigeant d'eux la formation dans ses livres d'un Dépôt de garantie le jour de la conclusion d'un contrat. Lorsqu'un intervenant est en perte potentielle, la Chambre de compensation procède à un appel de marge, en exigeant de ce dernier une augmentation du dépôt de garantie.

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qui assurent en permanence la solvabilité des intervenants, en demandant à chacun d'entre eux de déposer un montant en garantie, mais également de répondre à des appels de margesAppels de marges
La Chambre de compensation procède à un appel de marge lorsqu'un intervenant est en perte potentielle. Elle exige de ce dernier une augmentation du dépôt de garantie. Si l'appel sur marge n'est pas suivi, la Chambre de compensation dénoue d'office la position et apure les pertes avec le dépôt de garantie.
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Limiter la "titrisation"

Les banques utilisent abondement la titrisationTitrisation
Technique financière permettant à un établissement financier de transférer le risque de non remboursement d'un crédit en le transformant en produit financier complexe négociable sur le marché.
pour transférer à d'autres acteurs financiers le risque de non remboursement des crédits qu'elles octroient. La crise de 2008 a néanmoins démontré combien cette technique financière, au lieu de mieux répartir les risques entre différentes catégories d'agents économiques, contribue en fait à leur dissémination dans le système. La titrisationTitrisation
Technique financière permettant à un établissement financier de transférer le risque de non remboursement d'un crédit en le transformant en produit financier complexe négociable sur le marché.
incite en effet les banques qui en font usage à accorder des prêts encore plus hasardeux, dans la mesure où elles ne sont plus obligées de conserver les créances titrisées dans leur bilanBilan
'Photo' de fin d'année des actifs (ce que la société possède) et passifs (ce que la société doit) d'une société. Autrement dit, les actifs du bilan donnent des informations sur l'utilisation des fonds collectés par la société. Les passifs du bilan informent sur l'origine des fonds collectés. Dans le cas du bilan d'une banque, on retrouve au passif : le capital (les actions propres), les dépôts des clients, les réserves (bénéfices passés non dépensés) et la dette (notamment ce que la banque a emprunté auprès d'autres institutions).

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. En outre, elles n'hésitent pas à procéder elles-mêmes à l'achat massif de ce type de titres financiers, malgré leur nature souvent très toxique. Le cas des titres adossés à des crédits immobiliers américains subprimeSubprimes
Prêts hypothécaires à risque. Plus précisément, il s'agit de crédits immobiliers consentis aux ménages américains ne présentant pas les garanties financières suffisantes pour souscrire un prêt normal, ou « prime ».
est le plus emblématique à ce sujet. D'où la nécessité de réguler strictement la titrisationTitrisation
Technique financière permettant à un établissement financier de transférer le risque de non remboursement d'un crédit en le transformant en produit financier complexe négociable sur le marché.
en limitant, par exemple, la part titrisable des portefeuilles de crédit des banques, ou en les obligeant à retenir une partie du risque attaché aux prêts titrisés dans leur bilanBilan
'Photo' de fin d'année des actifs (ce que la société possède) et passifs (ce que la société doit) d'une société. Autrement dit, les actifs du bilan donnent des informations sur l'utilisation des fonds collectés par la société. Les passifs du bilan informent sur l'origine des fonds collectés. Dans le cas du bilan d'une banque, on retrouve au passif : le capital (les actions propres), les dépôts des clients, les réserves (bénéfices passés non dépensés) et la dette (notamment ce que la banque a emprunté auprès d'autres institutions).

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