Les 7 péchés capitaux des banques

Toxicomanie

Dealeuses et consommatrices de produits toxiques: les banques n'ont décidément pas peur d'accumuler les vices! Il est vrai qu'en procédant aussi bien à l'achat qu'à la vente de produits financiers hautement spéculatifs, elles peuvent gagner bien plus qu'en accordant des prêts aux entreprises et aux particuliers. Pourquoi dès lors devraient-elles se priver de ces purs moments d'extase spéculative? Car le retour à la réalité est souvent fort douloureux …

 

Addiction au risque

La crise de 2008 a démontré combien nombre de banques sont friandes d'actifs complexes et risqués (tels que les produits dérivésProduit dérivé
Instrument financier utilisé à l'origine pour protéger les investisseurs contre des variations inattendues de taux d'intérêt, de taux de change, de cours d'une action, du prix des matières premières, ou encore du risque de défaut de paiement d'un crédit. Concrètement, acheter un produit dérivé donne le droit (avec les options) ou l'obligation (avec les futures) d'acheter ou de vendre un actif dit sous-jacent (action, devise, pétrole etc.) à une date ultérieure, mais à un prix fixé aujourd'hui.

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, les produits financiers adossés à des créances (CDO)"Collateralised debt obligation" (CDO)
Titres représentatifs de portefeuilles de créances bancaires ou d'instruments financiers de nature variée. Le mécanisme est le suivant: au lieu de conserver un titre de crédit, une banque le transforme en titre financier pour être vendu sur les marchés financiers (via une opération dite de titrisation).

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, etc.) afin d'obtenir des rendements élevés. Par exemple, Fortis Banque détenait à la fin juin 2008 (soit 3 moins avant son sauvetage par les gouvernements néerlandais, belge et luxembourgeois) près de 42 milliards d’euros de produits structurés complexes.

En outre, sous couvert de l’innovation financière, les banques créent elles-mêmes de multiples produits spéculatifs qu’elles vendent aux investisseurs, ce qui mène parfois à l’absurde. Par exemple, la banque allemande Deutsche Bank n’a pas hésité à créer un fonds proposant aux investisseurs de s’enrichir en pariant sur des décès précoces!

Bulles spéculatives et overdose

De telles opérations d'achat et de vente de produits spéculatifs sont contestables à plus d'un titre: non seulement, elles n'ont aucune utilité sociale, mais en outre, elles engendrent énormément d'instabilité dans le système financier. En effet, en achetant massivement des titres spéculatifs, les grandes banques européennes contribuent à la hausse artificielle de leur prix. Certes, les Bulles financièresBulle financière
Se définit comme une hausse artificielle des cours due à la spéculation. Plus précisément, une bulle financière apparait lorsque la hausse des cours est justifiée uniquement par l'anticipation de la poursuite de la hausse des cours.
qui en résultent leur permettent de générer des profits massifs à très court terme. Mais, lorsque ces bulles Bulle financière
Se définit comme une hausse artificielle des cours due à la spéculation. Plus précisément, une bulle financière apparait lorsque la hausse des cours est justifiée uniquement par l'anticipation de la poursuite de la hausse des cours.
éclatent (telles que la bulle internet en 2000 ou celle du marché hypothécaire américain en 2007), elles provoquent une forte dépréciation de la valeur des actifsActif
Investissement (matériel ou immatériel) fait en vue de réaliser un bénéfice. De manière générale, les actifs d'une banque sont les prêts (que la banques à octroyés aux particuliers, aux entreprises), les créances bancaires (prêts octroyés aux autres banques) et le portefeuille financier (actions, titres émis par d'autres sociétés et acheté par la banque).
détenus par les banques, qui doivent alors solliciter des aides d'Etat pour combler leurs pertes [+d'infos].

D'après les estimations du Fonds monétaire international (FMI), le montant total des dépréciations d'actifsActif
Investissement (matériel ou immatériel) fait en vue de réaliser un bénéfice. De manière générale, les actifs d'une banque sont les prêts (que la banques à octroyés aux particuliers, aux entreprises), les créances bancaires (prêts octroyés aux autres banques) et le portefeuille financier (actions, titres émis par d'autres sociétés et acheté par la banque).
et provisions pour pertes enregistrées par les banques de la zone euro entre 2007 et 2010 s'élèverait à près de 665 milliards de dollars (517 milliards d'euros).