Les 7 péchés capitaux des banques

Abolir les revenus excessifs

Comme nous l'avons vu, les rémunérations stratosphériques des banquiers et tradersTrader
Opérateur - dans une banque ou une société boursière - spécialisé dans les transactions financières (achat et vente de valeurs mobilières, devises, produits dérivés).
génèrent de multiples effets pervers, tels que l'accroissement des inégalités salariales, la prise de risques excessifs, ou encore le contournement des lois.
Par conséquent, il est crucial de limiter les salaires dans le secteur financier, en adoptant notamment les deux mesures suivantes:

Plafonner les rémunérations

Une première mesure consiste à limiter les revenus des cadres supérieurs, en plafonnant la rémunération (salaire fixe et bonus) la plus élevée à 10 fois la moyenne des plus bas salaires de la banque. Notons qu'actuellement, il n'est pas rare que - dans l'industrie financière - le salaire le plus élevé soit 200 fois supérieur aux plus bas salaires.

Pour ceux qui considéreraient le ratio de 1 à 10 trop sévère, rappelons qu'au sein de la banque Triodos, les plus hauts salaires sont plafonnés à 9,8 fois la moyenne des plus bas salaires. En outre, la banque hollandaise ne prévoit pour ses cadres supérieurs ni bonus ni de plan d'options sur actions.

Taxer les hauts revenus

L'arme fiscale constitue un autre moyen de limiter les revenus excessifs. L'histoire des Etats-Unis constitue à ce sujet une excellente source d'inspiration: en 1941, le président des États-Unis Franklin Roosevelt décide de porter à 91% le taux d'impôt fédéral sur les revenus les plus élevés de l'époque, c'est-à-dire dépassant les 200 000 dollars (soit 1 millions de dollars d'aujourd'hui (783 000 euros)). Ce niveau de taxation s'applique jusqu'en 1964, avant d'être réduit à 77 %, puis 70 % en 1970. Pendant près de cinquante ans, des années 30 jusqu'en 1980, jamais le taux supérieur ne descend au-dessous de 70 %, se maintenant en moyenne à environ 80 %.

Il serait donc tout-à-fait réaliste d'appliquer de telles mesures au niveau européen. En effet, l'introduction d'une taxation confiscatoire des très hauts revenus ne pénaliserait pas la compétence ou le dynamise, mais plutôt la rapacité, le court-termisme et les prises de risque excessives.